ACTUALITES FINANCIERES
publié le 19 novembre 2008
Semaine du : 17 au 21 novembre 2008
La récession se confirme sur toute la planète mais, sous le coup des achats à bon compte, les marchés veulent croire à un regain des indices, un rallye de fin d’année ( ?) rien n’est moins certain…
Personne ne savait véritablement ce qu’il fallait espérer du grand rendez-vous du G20 le week-end dernier. Toutefois, dans cette attente les marchés ont montré une très grande volatilité exprimant ainsi leur intense nervosité. En tête, donnant comme d’accoutumée la tendance, le marché américain pour qui la fin de semaine a été rythmée par de très brusques à-coups. Jeudi dernier le Dow Jones a repris juste avant clôture près de 10% en moins d’une heure alors qu’il affichait des pertes de plus de 4% depuis son ouverture (clôturant finalement à +6,67% !!). A ceux qu’il fallait encore convaincre, le marché a une fois de plus montré l’étendue de son irrationalité.
Nous n’attendons plus des nouvelles macro économiques de venir confirmer la récession mondiale (même si la France y échappe… momentanément…). Les mauvais résultats trimestriels ont été sans surprise pour les sociétés financières, mais un tel bilan (négatif – il va sans dire) du coté de la consommation discrétionnaire (médias, biens durables ou automobile) n’était pour sa part pas à ce point anticipé.
Les marchés accusent les mauvaises nouvelles venant confirmer les prévisions pessimistes. Qu’il s’agisse des ventes au détail US qui se sont effondrées de 2,8% (plus forte baisse de cet indice depuis sa création en 1992) ou les inscriptions hebdomadaires au chômage qui ont continué d’augmenter à 511.000 (niveau le plus élevé depuis le 11 septembre 2001) ; ou finalement de prévisions engageantes comme le regain de confiance des consommateurs américains (indice de l’Université du Michigan) alors que les analystes tablaient sur la poursuite de la montée du pessimisme, rien, absolument aucune nouvelle macro-économique ne vient rationaliser les extrêmes variations quotidiennes que nous subissons sur les marchés.
A contrario les nouvelles micro-économiques, licenciements massifs chez les constructeurs automobiles ou les sociétés financières, sont elles plus marquantes pour les marchés et les confortent finalement dans leur pessimisme exacerbé.
Indépendamment des réunions de crise (G20,…) qui n’aboutissent (pour l’instant) à rien il est important de souligner l’entrée en scène des pays émergents dans ces sommets mondiaux alors que ces derniers étaient restés longtemps de simples spectateurs de la gouvernance mondiale. Les nouvelles puissances venues du sud veulent peser sur un système financier dont les dérives affectent leur économie. Impactés dans leur croissance et leur stabilité financière par la crise née aux Etats-Unis, les pays émergents ont toutes les raisons de vouloir participer à la prise de décisions. Alors que les théories de découplage de ces pays volent aujourd’hui en éclat les zones émergentes sont aujourd’hui sujets de toutes les interrogations. Les modèles basés sur une croissance à deux chiffres ne sont plus aujourd’hui d’actualité ; le ralentissement de la croissance de ces pays (même si croissance il y a) pourrait impacter fortement la croissance mondiale. En effet, les importantes réserves de ces pays (1.900 milliards de dollars pour la Chine), seule "planche de salut" à ce jour pourraient non plus être utilisées pour racheter des sociétés occidentales devenues bon marché mais pourraient finalement être utilisées pour consolider la croissance interne des pays émergents "riches" de ces réserves qui traversent aujourd’hui un moment critique.
Au chapitre des nouvelles encourageantes (tout de même) il convient de souligner la confirmation de la détente du crédit. En effet, bien que l’amélioration soit lente et progressive, il convient de noter que les taux interbancaires se sont récemment bien comportés. Avant même la fin de la semaine dernière, le taux LIBOR dollar à 3 mois n’a cessé de diminuer durant 24 jours consécutifs d’un sommet de 4,82 % à 2,13 %, malgré cette amélioration des marchés interbancaires, il existe toujours des tensions au sein du système et qu’il faudra encore du temps avant de trouver un nouvel équilibre.
Données au : vendredi 7 novembre 2008 Valorisation Variation hebdo Variation 2008
INDICES Dow Jones
8 943,81 -4,09% -32,57%
S&P 500
931,00 -3,90% -36,60%
Nasdaq
1 647,40 -4,27% -37,89%
Nikkei
9 081,43 5,88% -40,67%
CAC 40
3 469,12 -0,51% -38,21%
Eurostoxx 50
2 679,15 3,37% -39,11%
MSCI World €
75,017 -2,68% -32,40%
DEVISE
$ / €
1,2756 0,02% -13,37%
$ / Yen
98,31 -0,19% -12,69%
PETROLE
WTI ($)
60,04 $ -7,21 $ -36,23 $
TAUX
10 ans américain
3,77% -0,19 -0,33
10 ans français
3,97% -0,34 -0,44
10 ans japonais
1,52% 0,03 0,00
EURIBOR 3 mois
4,47%
EONIA
3,43%
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